Actualités Fiscales
Depuis l'imposition des revenus perçus en 2009, l’avantage fiscal procuré par certaines déductions, réductions ou crédits d’impôt est limité chaque année.
Si le montant total du gain fiscal procuré par les avantages fiscaux plafonnés excède cette somme, l’excédent éventuel sera ajouté à votre imposition. Depuis sa mise en place, le niveau du plafonnement a été revu à la baisse tous les ans. Voici quelques explications pour comprendre ce mécanisme et le montant du plafonnement applicable.
1 - Dispositifs concernés
Seuls sont pris en compte pour le plafonnement, les avantages fiscaux à caractère économique afférents à un investissement et ceux ayant pour contrepartie une prestation dont vous bénéficiez.
Les avantages fiscaux ayant pour objet la contrepartie d'une situation que vous subissez (prise en charge de la dépendance ou du handicap, déduction des pensions alimentaires) ou la poursuite d'un objectif d'intérêt général sans contrepartie pour vous (mécénat) ou bénéficiant aux entreprises, sont exclus du champ d'application du plafonnement global.
Les avantages compris dans le plafonnement global des niches fiscales sont les suivants (uniquement au titre d'investissements ou de dépenses réalisés à compter de 2009) :
• l'avantage en impôt procuré par les déductions au titre des amortissements Robien et Borloo neuf,
• le crédit d'impôt au titre des intérêts d'emprunt supportés pour l'acquisition ou la construction de l'habitation principale,
• le crédit d'impôt pour dépenses d'équipement de l'habitation principale en faveur du développement durable,
• la réduction ou le crédit d'impôt pour emploi d'un salarié à domicile,
• le crédit d'impôt pour frais de garde des jeunes enfants,
• la réduction d'impôt Scellier,
• la réduction d'impôt Bouvard (location en meublé non professionnelle)
• les réductions d'impôt au titre des investissements dans l'immobilier de loisir,
• la réduction d'impôt au titre des investissements dans des résidences hôtelières à vocation sociale,
• les réductions d'impôt au titre des investissements réalisés outre-mer y compris la créance imputée en cas de remboursement de la réduction d'impôt au titre de l'investissement outre-mer dans le cadre d'une entreprise (Girardin entreprise), mais à l'exception de la part rétrocédée,
• la réduction d'impôt au titre d'investissements forestiers,
• les réductions d'impôt au titre des souscriptions en numéraire au capital de PME ou de certains fonds (FIP, FIP Corse, FCPI),
• la réduction d'impôt au titre de travaux de conservation ou de restauration d'objets classés,
• la réduction d'impôt au titre du maintien et protection du patrimoine naturel,
• la réduction d'impôt SOFICA,
• le crédit d'impôt pour primes d'assurance contre les loyers impayés,
• la réduction d'impôt SOFIPECHE,
• la réduction d'impôt Malraux.
2 - Niveau du plafonnement
Le niveau du plafonnement est fixé à la somme de :
• 25 000 € et de 10 % du revenu imposable au barème de l'impôt sur le revenu pour les investissements initiés et les dépenses effectuées en 2009,
• 20 000 € et de 8 % du revenu imposable pour les avantages accordés au titre des investissements et dépenses engagés en 2010,
• 18 000 € et de 6 % du revenu imposable pour les avantages accordés au titre des investissements et dépenses engagés à compter du 1er janvier 2011.
Pour l’appréciation de la limite de 10 %, 8 % ou de 6 % du revenu imposable :
• les revenus soumis à l’impôt sur le revenu, sur option du contribuable selon une base moyenne (dispositif de lissage et d'étalement des bénéfices agricoles, moyenne triennale applicable aux salaires et BNC provenant de la production littéraire, scientifique ou artistique ou de la pratique d'un sport) ou fractionnée (revenus agricoles exceptionnels, indemnités de départ ou de mise à la retraite, sortie en capital d'un PERP) sont pris en compte, pour le montant soumis au barème de l'impôt sur le revenu ;
• les revenus soumis à l’impôt sur le revenu selon le système du quotient (revenus exceptionnels et différés, pécule des footballeurs, sommes perçues par les sociétaires du CREF, gain de levée d'option en cas de cession ou de conversion imposable dans la catégorie des traitements et salaires…) sont pris en compte, pour le montant soumis au barème de l'impôt sur le revenu, avant multiplication de la cotisation supplémentaire obtenue.
Si vous bénéficiez d'avantages fiscaux plafonnables au titre d'investissements engagés au cours d'années différentes (2009, 2010, 2011) , ces différents plafonds pourront s'appliquer concomitamment.
Ainsi, si vous avez réalisé un investissement plafonnable en 2009 et un autre en 2010, vous devrez calculer le plafonnement de la manière suivante :
• en premier lieu, il faut calculer l’avantage en impôt (A1) lié aux seuls avantages fiscaux auxquels le plafond de 2010 (20 000 € et 8 % du revenu (P1)) est applicable ;
• ensuite, il faut calculer l’avantage en impôt supplémentaire (A2) lié aux avantages fiscaux auxquels le plafond de 2009 (25 000 € et 10 % du revenu (P2)) est applicable.
Si le premier plafonnement ne produit pas d’effet (le montant des avantages étant inférieur au plafond), le montant total des avantages fiscaux plafonnables (2009 et 2010) est alors comparé au plafond 2009 et l’excédent éventuel est ajouté à la cotisation du contribuable.
Si le premier plafonnement est dépassé, l’excédent est ajouté à la cotisation du contribuable, puis le montant total des avantages 2009 auquel s'ajoute le montant des avantages 2010 à hauteur du plafond 2010 uniquement (c'est-à-dire abstraction faite du montant de l'avantage excédant le plafond, réintégré à la cotisation du contribuable) est comparé au plafond 2009 et l’excédent éventuel est également ajouté à la cotisation du contribuable.
3 - Liquidation du plafonnement
Le total des avantages en impôt procurés par l'imputation sur le revenu foncier des amortissements Borloo et Robien recentré et du montant des réductions et crédits d'impôt listés ci-dessus ne doit pas excéder la limite visée ci-dessus. A défaut, l’excédent éventuel sera ajouté à votre imposition.
• Evaluation de l'avantage résultant des amortissements Robien et Borloo
L’avantage en impôt procuré par les déductions au titre de l’amortissement Robien et Borloo doit être calculé en appliquant le barème progressif de l'IR sur la base d’un montant déterminé par différence entre le résultat net foncier déclaré et le résultat net foncier calculé en excluant les déductions au titre de l'amortissement.
En présence d’un déficit foncier dont le montant excède la limite d’imputation sur le revenu global, la base de l’avantage en impôt mentionné ci-dessus est limitée à 10 700 € ou 15 300 € (en présence d'un immeuble Périssol).
• Précisions sur les réductions et crédits d'impôt
Pour le calcul du plafonnement on retient le montant des réductions d'impôt acquises au cours de l'année d'imposition, ainsi que, le cas échéant, le montant de réductions acquises antérieurement et reportées.
S'agissant des réductions d'impôt accordées au titre des investissements outre-mer donnant lieu à rétrocession (Girardin entreprise et Jego), seule la partie de la réduction non rétrocédée est retenue pour l'appréciation du plafonnement global :
4 - Dates à prendre en compte
La date de réalisation des investissements a une incidence sur l'application du plafonnement des niches (les investissements effectués avant 2009 n'étant pas plafonnés) et sur le montant du plafonnement applicable. Cette date est donc primordiale.
La date à retenir correspond à :
• pour les dispositifs Robien recentré et Borloo neuf et Scellier :
- en cas d'acquisition de logements neufs ou en état futur d'achèvement, de logements inachevés en vue de leur achèvement, de logements acquis en vue de leur réhabilitation ou de locaux en vue de les transformer en logement : la date de signature de l'acquisition par acte authentique, ou, si elle est antérieure, la date de signature d'une promesse d'achat ou d'une promesse synallagmatique,
- en cas de construction d'un logement : la date de déclaration d'ouverture de chantier,
- en cas de souscriptions de parts : à la date de souscription ;
• pour les dispositifs Bouvard : la date de signature de l'acquisition par acte authentique, ou, si elle est antérieure, la date de signature d'une promesse d'achat ou d'une promesse synallagmatique,
• pour le dispositif Girardin :
- en cas d'acquisition de logements (logement neuf, en l'état futur d'achèvement ou à construire) : la date de la déclaration d'ouverture de chantier (la date de signature de l'acte authentique est sans incidence) ;
- en cas de réalisation de travaux de réhabilitation d'immeuble (logements anciens ou réhabilitation hôtelière) : la date d'engagement des dépenses ou de versement d'acomptes au moins égaux à 50 % de leur prix ;
- en cas d'investissement productifs neufs et souscription de capital de sociétés pour lesquels un agrément ou une autorisation préalable est nécessaire : la date de réception de la demande d'agrément ou d'autorisation préalable par l'administration ;
- en cas d'acquisition de biens meubles corporels : la date de livraison des biens ou la date de la commande lorsqu'elle est accompagnée du versement d'acomptes au moins égaux à 50 % de leur prix ;
- en cas de souscriptions au capital de sociétés (ne nécessitant pas un agrément ou une autorisation préalable) : la date de souscription.
http://www.fidanciel.com/actualites-fiscales/plafonnement-global-des-niches-fiscales-juin-2011