Actualités Fiscales


La loi de finances pour 2012 et la 4ème loi de finances rectificative pour 2011 publiées le 29 décembre dernier, sont venues donner un tour de vis supplémentaire à la politique fiscale de rigueur engagée depuis 2 ans, qui s'est fortement accentuée l'été dernier (avec notamment le vote de la fin du bouclier, de la réforme de l'ISF, du durcissement du régime d'imposition des plus-values immobilières et du relèvement des prélèvements sociaux).
Au programme : gel des barèmes, rabot des niches fiscales, recentrage de plusieurs dispositifs fiscaux, suppression de l'abattement pour durée de détention pour les plus-values mobilières, relèvement du taux du prélèvement forfaitaire libératoire …
Nous vous présentons de façon synthétique les principales mesures impactant la fiscalité des particuliers qui feront, pour la plupart, l’objet de commentaires ultérieurs.



a ) Gel des barèmes

Le projet de loi de finances pour 2012 prévoyait, dans sa version initiale, de revaloriser les tranches du barème de l'IR (ainsi que, mécaniquement, des barèmes et seuils y indexés : ISF et transmission) de 2,1 % afin de tenir compte, comme chaque année, de la hausse des prix hors tabac.
Toutefois, compte tenu du contexte de crise, le gouvernement a annoncé le gel du barème de l'IR et des seuils et limites y indexés jusqu’au retour en dessous de 3 % de déficit public. Les revenus perçus en 2011 seront donc soumis au barème de l'IR applicable aux revenus perçus en 2010

b ) 2 Nouvelles taxes

Taxe sur les hauts revenus
La loi met en place, dès 2011, une contribution ponctuelle exceptionnelle sur les hauts revenus, qui ne concerne que les contribuables dont le revenu fiscal de référence (RFR) excède :
250 000 € pour les contribuables célibataires, veufs, séparés ou divorcés,
500 000 € pour les contribuables soumis à imposition commune.
La taxe est calculée aux taux de 3 % à 4 % sur la fraction du RFR excédant ces limites

Taxe sur les loyers excessifs des micro-surfaces
La loi de finances pour 2012 met en place une nouvelle taxe frappant, à partir du 1er janvier 2012, les loyers excessifs pratiqués en cas de location de petites surfaces (n'excédant pas 14 m2) en zone A

C ) Rabot des niches fiscales et mesures annexes

Réduction de 15 %
Pour les investissements et dépenses payés depuis le 1er janvier 2012, les taux des réductions et crédits d’impôt compris dans le champ du plafonnement global des niches fiscales sont réduits de 15 % à l'exclusion toutefois des avantages suivants :
réduction ou crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile,
crédit d'impôt au titre des frais de garde des jeunes enfants,
réduction au titre de l'investissement locatif dans le logement social outre-mer (Jego).
Par ailleurs, le plafond d'imputation des réductions Girardin (investissements outre-mer réalisés par les particuliers ou dans le cadre d'une entreprise) est également réduit de 15 % passant ainsi de 36 000 € à 30 600 € ou de 13 % à 11 % du revenu imposable (les plafonds de 90 000 € et 270 000 € applicables en cas d'investissement dans sa propre entreprise sont quant à eux réduits respectivement à 76 500 € et 229 500 €). En revanche les plafonds de prise en compte des dépenses ne sont pas impactés.

Toutefois, pour ne pas pénaliser les contribuables ayant initié un investissement avant le vote de la loi, cette mesure ne s'applique pas :
aux investissements "Girardin particulier" (outre-mer) pour lesquels vous pouvez justifier avoir pris au plus tard le 31 décembre 2011 un engagement,
aux investissements "Girardin entreprise" soumis à l’agrément préalable du ministre chargé du budget agréés avant le 28 septembre 2011 ou ayant fait l’objet d’une demande d’agrément avant cette date et agréés avant le
31 décembre 2011 et qui ouvrent droit à la réduction d’impôt sur les revenus de l’année 2011.
Par ailleurs, des dispositifs transitoires ont été prévus spécifiquement pour les dispositifs Scellier et Bouvard (voir ci-dessous).

Aménagements du dispositif Girardin entreprises (outre-mer)
Comme l'an dernier, le législateur a prévu un aménagement spécifique au dispositif Girardin entreprises, en cas de rétrocession afin de répartir les effets de la diminution de l'avantage fiscal au titre des investissements productifs outre-mer sur l'investisseur et l'exploitant final.

Durcissement du plafonnement global des niches fiscales
Pour la 4ème année consécutive, la loi renforce le plafonnement global des niches fiscales dont le montant passe de 18 000 € majorés de 6 % du revenu imposable à 18 000 € majorés de 4 % du revenu imposable.
Cette mesure s'applique à compter de l'imposition des revenus perçus en 2012, mais afin de ne pas pénaliser les décisions d'investissement engagées avant l'adoption de cette mesure, les investissements locatifs Scellier (location nue) et Bouvard (location en meublé) et ultra-marins (Girardin et Jego) engagés avant 2012 ne seront pas concernées par ce relèvement.

d ) Réductions et crédit d'impôt

Outre la mesure de rabot des niches fiscales qui a une portée très générale (car impactant tous les dispositifs qualifiés de niches fiscales), les lois de finances ont prévu des mesures spécifiques à certains dispositifs.

Scellier et Bouvard
Le dispositif Scellier, qui disparaît en 2013, voit ses taux diminuer, pour sa dernière année d'application, de 22 % à 13 % en métropole et de 36 % à 26 % outre-mer (sous réserve de mesures transitoires pour les investissements initiés avant 2012)


Le dispositif Bouvard subit également une réduction de taux (de 18 % à 11 %) mais son application est prorogée, sous certaines conditions, jusqu'au 31 décembre 2014 afin d'écouler les logements faisant partie de programmes déjà commercialisés en 2011

Travaux dans la résidence principale
Le crédit d'impôt en faveur du développement durable est prorogé pour les dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2015, mais ses taux ont été fortement réduits pour les dépenses payées à compter de 2012. Toutefois, afin de favoriser les rénovations lourdes, une majoration des taux de 8 points a été mise en place en cas de réalisation d'un bouquet de travaux. A compter de 2013, seuls les travaux réalisés dans des logements achevés depuis plus de
2 ans seront éligibles à l'avantage.
Note : Ce dispositif fera l'objet d'un dossier dans le cadre de votre prochaine newsletter.
Le crédit d'impôt en faveur de l'aide aux personnes (installation ou remplacement d'équipements spécialement conçus pour les personnes âgées ou handicapées, travaux prescrits par un PPRT) est également prorogé, mais jusqu'au 31 décembre 2014 seulement, et le plafond des dépenses retenu pour le calcul de l'avantage est doublé en cas de réalisation de travaux prescrits par un PPRT.

Souscription au capital de PME
La loi recentre la réduction Madelin sur les PME en phase d'amorçage, de démarrage ou d'expansion et les entreprises solidaires.
Ainsi, à compter du 1er janvier 2012, seuls les versements effectués au capital de ces sociétés seront éligibles à la réduction d'impôt.
Le plafond de prise en compte des versements sera fixé, uniformément à :
50 000 € pour les contribuables célibataires, veufs ou divorcés,
100 000 € pour les contribuables soumis à imposition commune.

Dons aux partis politiques
Le montant des dons et cotisations versés aux partis politiques à compter de 2012 ne sera plus retenu, pour le calcul de la réduction d'impôt pour dons, que dans la limite globale de 15 000 € par an et par foyer.

SOFICA
La réduction d'impôt en faveur des SOFICA qui devait disparaître fin 2011, est prorogée jusqu'au 31 décembre 2014

e ) Plus-values mobilières

La loi supprime le mécanisme d’abattement pour durée de détention des valeurs mobilières aboutissant à une exonération totale des plus-values sur valeurs mobilières cédées après 8 années de détention (abattement d'un 1/3 par année de détention au-delà de la 5ème) et le remplace, sous certaines conditions, par un dispositif de report d'imposition des plus-values de cessions de valeurs mobilières.
En revanche, la loi maintient le dispositif d'abattement prévu en faveur des dirigeants partant à la retraite.
Le report d’imposition mis en place par la loi reprend les conditions d'application du mécanisme d'abattement qu'il remplace et qui, en pratique, n'aura jamais trouvé à s'appliquer (il devait s'appliquer pour la première fois au titre des gains réalisés en 2012), auxquelles s'en ajoutent de nouvelles, très contraignantes.
Ainsi, les gains de cession de valeurs mobilières, droits sociaux et titres assimilés détenus depuis plus de 8 ans réalisés à compter de 2012 ne pourront bénéficier du report d'imposition qu'en cas, entre autres conditions, de réinvestissement de 80 % au moins du montant de la plus-value net des prélèvements sociaux, dans un délai de 36 mois, dans la souscription en numéraire au capital initial ou dans l'augmentation de capital en numéraire d'une société à l'IS, représentant au moins 5 % des droits de vote et des droits dans les bénéfices sociaux de la société. Ces titres doivent être détenus en pleine propriété et être conservés pendant au moins 5 ans.
Lorsque les titres acquis en remploi sont détenus depuis plus de 5 ans, la plus-value en report d’imposition est définitivement exonérée.
Cette exonération est applicable avant l’expiration du délai de 5 ans en cas de :
- licenciement,
- invalidité de deuxième ou troisième catégories,
- décès du contribuable ou de l’un des époux soumis à imposition commune,
- liquidation judiciaire de la société.

f ) Revenus mobiliers

La loi augmente, à compter de 2012, le taux du prélèvement forfaitaire libératoire actuellement fixé à 19 % de façon modulée à :
21 % pour les dividendes,
24 % sur les produits de taux

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