Actualités Fiscales

Vous venez de recevoir votre déclaration préremplie (ou allez très prochainement la recevoir). Celle-ci présente quelques nouveautés par rapport à l'année dernière, du fait, notamment, de l'apparition de nouveaux dispositifs ou de l'aménagement de dispositifs existants. 
Afin de vous aider dans vos démarches déclaratives, nous vous présentons un panorama des principaux changements affectant l'imposition des revenus perçus en 2008.



Les règles de calcul du nombre de parts fiscales attribuées aux contribuables veufs ont été assouplies à compter de l'imposition des revenus perçus en 2008. 
Si vous êtes veuf(ve) avec des personnes à charge, vous pouvez désormais bénéficier, les années suivant celle du décès de votre conjoint, quelle que soit la filiation des enfants dont vous avez la charge, du même nombre de parts que les contribuables mariés ayant le même nombre de personnes à charge (soit 2 parts pour vous auxquelles s'ajoutent les parts des personnes qui sont à votre charge). 
La distinction selon qu'il s'agit d'enfants issus ou non du mariage avec le conjoint décédé ou d'autres personnes à charge est supprimée.

Jusqu'alors, vous ne pouviez bénéficier de cette majoration que si vous aviez à charge au moins un enfant issu du mariage avec votre conjoint défunt (vous deviez alors cocher la case Lsupprimée sur le formulaire à souscrire pour les revenus perçus en 2008).
Ainsi, vous bénéficierez de la majoration de quotient sans qu'il y ait lieu de distinguer selon que les enfants comptés à votre charge sont issus ou non du mariage avec le conjoint décédé.


Les salariés et dirigeants assimilés venant exercer leur activité en France depuis le 1er janvier 2008 bénéficient, sous certaines conditions, d'un nouveau régime d'exonération temporaire (5 ans) d'impôt sur le revenu au titre :

  •  du supplément de rémunération lié à l'impatriation (montant réel de la prime d'impatriation ou pour les salariés et dirigeants assimilés recrutés par une entreprise établie en France, sur option, évaluation forfaitaire de cette prime à 30 % de leur rémunération),
  •  ainsi que de la fraction de rémunération correspondant à l'activité exercée à l'étranger,
  •  et de la moitié de leurs revenus passifs (plus-values mobilières, revenus mobiliers, produits de droits d'auteurs) de source étrangère.

La fraction de la rémunération exonérée (prime d'impatriation et fraction de la rémunération correspondant à l'activité exercée à l'étranger) est plafonnée à 50 % de la rémunération totale. Toutefois, si vous y avez intérêt (cad si vous bénéficiez d'une forte prime d'impatriation) vous pourrez opter pour l'ancien dispositif de plafonnement : dans ce cas, seule la fraction de la rémunération exonérée au titre de l'activité exercée à l'étranger sera plafonnée à 20 % de la rémunération imposable et l'exonération de la prime d'impatriation n'est pas plafonnée.
Ce nouveau dispositif d'exonération est également ouvert aux personnes non salariées préalablement agréées, sous certaines conditions : l'exonération porte alors sur 30 % des revenus non salariaux perçus jusqu'au 31 décembre de la 5ème année civile suivant celle de leur impatriation.

Pour bénéficier de l'exonération, vous devez, quelle que soit votre nationalité ne pas avoir été fiscalement domicilié en France de façon ininterrompue au cours des 5 années civiles précédant celle de votre prise de fonctions dans l'entreprise établie en France et vous domicilier en France suite à un recrutement au sein de groupes internationaux ou direct par une entreprise établie en France à compter du 1er janvier 2008 (un régime d'exonération moins avantageux continue à s'appliquer aux personnes impatriées avant 2008).

Plusieurs cases ont été ajoutées dans le formulaire 2042 afin d'intégrer ces revenus exonérés dans le calcul du revenu fiscal de référence et de calculer les contributions sociales sur ces revenus (qui ne sont exonérés que de l'IR mais demeurent soumis aux prélèvements sociaux).

  •  Exonération des sommes issues d'un CET

Depuis le 22 août 2008, les sommes issues d'un compte épargne temps (CET) sont, dans la limite de 10 jours par anexonérées d'impôt sur le revenu lorsqu'elles sont versées par un salarié sur un plan d'épargne pour la retraite collectif (PERCO) ou déductibles du salaire imposable lorsqu'elles sont versées sur un régime de retraite supplémentaire collectif et obligatoire ("article83").
Ces sommes nettes exonérées sont retenues pour le calcul du revenu fiscal de référence et doivent donc être portées lignes SM ou DN de la déclaration n° 2042 C.

  •  Déblocage exceptionnel de la participation en 2008

La loi pour le pouvoir d'achat a permis aux salariés de débloquer de manière anticipée, dans la limite de 10 000 € nets de prélèvements sociaux, les sommes qui ont été affectées à la réserve spéciale de participation (droits à participation aux résultats de l'entreprise) avant le 31 décembre 2007.
Les demandes de déblocage devaient avoir été présentées par le salarié au plus tard le 30 juin 2008.

  •  Stock-options

Le régime d'imposition des gains issus de la levée des stock-options est à nouveau aménagé à compter de l'imposition des revenus perçus en 2008. Ces aménagements ont conduit l'administration à modifier les modalités déclaratives de ces gains afin de les isoler des plus-values mobilières (VG) dont ils ne suivent plus systématiquement le même régime d'imposition.
En effet, pour les options attribuées jusqu'au 19 juin 2007, les moins-values de cession de valeurs mobilières sont imputables sur le montant des gains de levée d'options, et ce quel que soit le taux d'imposition applicable à ces gains (18 %, 30 % o u 40 %), sauf en cas d'option pour l'imposition des gains de levée d'options selon les règles des traitements et salaires.
Pour les options attribuées depuis le 20 juin 2007, la loi TEPA a modifié la nature du gain de levée d'options en supprimant, pour l'imposition de ces gains le renvoi fait au régime général des plus-values de cession de valeurs mobilières et de droits sociaux.
Ainsi, les moins-values de cession d'autres valeurs mobilières ou de droits sociaux subies, le cas échéant, au cours d'une année par les membres du foyer fiscal, ne sont plus imputables sur le gain de levée d'options. C'est la raison pour laquelle ces gains, même s'ils bénéficient du même régime d'imposition que les plus-values mobilières (attribution avant le 20 juin 2007) doivent être isolés et désormais être déclarés non plus en case VG mais en case VD.

Par ailleurs, les options sur titres et les attributions gratuites d'actions consenties à compter du 16 octobre 2007, sont soumises à une nouvelle contribution salariale de 2,5 % due au moment de la cession des titres. Cette contribution salariale, qui est assise sur le gain de levée d'option ou résultant de l'acquisition gratuite des actions, est établie, recouvrée et contrôlée comme la contribution sociale généralisée sur les revenus du patrimoine. Une nouvelle case (VS) a été créée sur la déclaration n° 2042 C destinée à renseigner les gains soumis à cette nouvelle contribution.

  •  Micro-entreprises BIC et BNC

A compter de l'imposition des revenus perçus en 2008, le bénéfice du régime des micro-entreprises (BIC et BNC) est maintenu pendant une période de deux années consécutives lorsque le seuil d'application du régime est franchi, à condition toutefois que le plafond d'application de la franchise en base de TVA ne soit pas dépassé (sauf bien entendu, pour les contribuables exonérés de TVA).
Ainsi, les entreprises qui sont en 2008 dans leur seconde année de dépassement du seuil des régimes de la franchise de TVA et du micro-entreprises pourront continuer à bénéficier de ce régime au cours de cette année.
Par ailleurs, l'abattement forfaitaire représentatif des frais et charges estcalculé sur l'ensemble des recettes (et non plus dans la seule limite d'application du régime micro) .

  •  Préremplissage des revenus mobiliers

Pour la première fois cette année, la plupart des revenus mobiliers sontpréremplis sur votre déclaration. Sont concernés l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers à l'exception toutefois de quatre rubriques :

  •  les "autres revenus distribués et revenus des structures soumises hors de France à un régime fiscal privilégié" (case GO),
  •  les "frais venant en déduction" (case CA),
  •  le "crédit d'impôt directive épargne et autres crédits d'impôt restituables" (case BG),
  •  "Impatriés : revenus perçus à l'étranger exonérés à hauteur de 50 %" (case DM).

Pour ces quatre rubriques, vous devez continuer à porter comme les années passées ces revenus ou ces frais sur la déclaration.

  •  Prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes

Pour les dividendes et distributions assimilées perçus depuis le 1er janvier 2008, vous avez désormais le choix entre deux modes d'imposition : la traditionnelle soumission au barème progressif de l'IR (dont le taux d'imposition peut atteindre 40 %) et l'application d'un nouveau prélèvement forfaitaire libératoire de l'IR (PFL) au taux de 18 %.
Toutefois, même si l'option pour le PFL peut sembler, a priori attractive (du fait du taux d'imposition réduit), elle se révèle en pratique très rarement intéressante compte tenu de son assiette élargie et de la perte de nombreux avantages fiscaux dont elle s'accompagne tant pour les revenus soumis aux PFL, que pour les revenus de même nature demeurant soumis à l'IR (voir sur ce point notre dossier de mars 2008 dans la rubrique "Archives" des dossiers).
Les revenus pour lesquels vous avez opté pour ce nouveau prélèvement forfaitaire libératoire en 2008 doivent être portés sur votre déclaration n° 2042, dans une nouvelle case ad hoc (DA).

  •  Plus-values mobilières

Le montant annuel des cessions de valeurs mobilières, au-delà duquel les plus-values deviennent imposables et doivent être reportées sur la déclaration de revenus, est fixé à 25 000 € au titre des cessions réalisées en 2008.
Par ailleurs, la pression fiscale portant sur ces plus-values subit une double hausse à compter de 2008 du fait de :

  •  la majoration de 16 à 18 % du taux forfaitaire de l'impôt,
  •  l'augmentation de 11 % à 12,1 % du taux global des prélèvements sociaux affectant les revenus du patrimoine (due à la création de la taxe RSA de 1,1%).

 

  •  Crédit d'impôt exceptionnel

Les contribuables imposables dans la première tranche du barème et dans le bas de la seconde (contribuables dont le revenu imposable par part est inférieur à 12 475 € en 2008) bénéficieront d'un crédit d'impôt exceptionnel. 
Ce crédit d'impôt sera attribué automatiquement par l'administration, sans démarche de votre part, ni mention particulière à porter sur la déclaration des revenus (pour en savoir plus sur ce crédit d'impôt exceptionnel, consultez la rubrique "Actualités").

  •  Intérêts d'emprunts contractés pour la reprise d'une PME

Le dispositif de réduction d'impôt sur le revenu accordée au titre des intérêts d'emprunts contractés pour la reprise d'une société en vue d'y exercer des fonctions de direction est aménagé sur plusieurs points.
Pour les intérêts payés à partir du 1er janvier 2008, les plafonds annuels des intérêts d'emprunt retenus pour le calcul de l'avantage fiscal sont doublés. Ils sont ainsi portés à 20 000 € pour les personnes seules et à 40 000 € pour les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune, soit une réduction d'impôt maximale annuelle de 5 000 € ou 10 000 € selon la situation de la famille de l'acquéreur.
Par ailleurs, pour les emprunts conclus à compter du 28 avril 2008 :

  •  la fraction minimale du capital de la société reprise qui doit être acquise par le repreneur est fixée à 25 %, au lieu de 50 % auparavant, 
  •  cette fraction peut être appréciée en tenant compte des participations des autres membres de la famille de l'intéressé ou des autres salariésparticipant à l'opération de reprise de l'entreprise.

 

  •  Equipement de l'habitation principale en faveur des économies d'énergie et du développement durable

Afin de tenir compte de l'évolution du marché et de l'état des techniques, les critères de performance exigés pour certains équipements éligibles au crédit d'impôt ont été modifiés par un arrêté ministériel publié fin 2007.
Ces nouvelles dispositions applicables aux dépenses réalisées à compter du 1er janvier 2008 concernent les matériaux d'isolation thermique, les pompes à chaleur spécifiques, les équipements de chauffage, de production d'eau chaude indépendants et chaudières fonctionnant au bois ou autres biomasses, autres que les chaudières à basse température et à condensation.
Pour les dépenses engagées ou réalisées entre le 1er janvier et le 31 décembre 2007, dont le paiement intervient à compter du 1er janvier 2008, l'administration admet toutefois de retenir, pour l'appréciation du caractère éligible de l'équipement ou matériel, les critères de performance exigés à la date de la réalisation ou l'engagement de la dépense.

  •  Primes versées en exécution d'accords d'intéressement

Un nouveau crédit d'impôt est institué en faveur des entreprises soumises à un régime réel d'imposition, au titre des primes versées en exécution d'accords d'intéressement conclus entre le 4 décembre 2008 et le 31 décembre 2014. Le crédit d'impôt est égal à 20% du montant des primes versées.

 

http://www.fidanciel.com/actualites-fiscales/ce-qui-change-sur-votre-declaration-de-revenus-2008-avril-2009